Vers une représentation textuelle du déplacement et du voyage dans la littérature francophone antillaise et guyanaise
: l’exemple de Joseph Zobel, Guy Tirolien et René Maran

Translated title of the thesis: Towards a textual representation of displacement and travel in Francophone Caribbean and Guyanese writing: The case of Joseph Zobel, Guy Tirolien and René Maran
  • Maeva McComb

Student thesis: Doctoral ThesisDoctor of Philosophy

Abstract

French colonialism, with its brutal history of transplantation, slavery, and migration, was founded on displacement; the experience of the Caribbean subject is thus axiomatically one of travel, exile, and scission. While postcolonial studies are increasingly turning to transnational paradigms, translocal discourses produced by Caribbean and Guyanese writers from the first waves of transatlantic migration are still neglected. Their writing, however, is strongly imbued with notions of (dis)placement and flux. This thesis aims to address these lacunae by exploring the textual representation of interstitial, unstable, and travelling identity from works written by authors who were part of the first transatlantic Caribbean diaspora and born before the end of the 1910s. Indeed, the lives of Martinican Joseph Zobel, Guadeloupean Guy Tirolien, and Guyanese René Maran were punctuated by transnational and peripatetic mobility. Thus, this thesis advocates for the impact of movement, within and between the Caribbean, France, and Africa (only Tirolien returned to Guadeloupe) – on the themes, style, language or even the very emergence, of their works. The methodology situates close readings of the primary texts within a multidisciplinary conceptual framework incorporating theories of travel and mobility, as well as postcolonial theories. The thesis thus examines how travel and displacement provide an exploratory framework to investigate identity and culture in the chosen corpus. Here, mobility is a biographical reality, but also an intellectual and a diegetic one, as well as a literary trope. This malleable approach to travel thus allows the study of its paradigmatic manifestation in a multigeneric corpus (novels, poetry, short story, biography): Les Jours immobiles (1946) and Les Mains pleines d’oiseaux (1978) by Zobel, Balles d’or (1961) and Feuilles vivantes au matin (1977) by Tirolien and Livingstone et l’exploration de l’Afrique (1938) by Maran. The experience of multipolar mobility and crossing, and of cross-cultural influences and encounters, resulted for these writers in the creation of an unstable and ambivalent, and (self)referential writing, caught in a complex nexus of (sometimes competing) cultural and geographical relations. Central to these works is a (dis)located and transnational discourse, which in turn allows for the textual representation of the interstitial and the travelling self, resisting all unilateral categorisation.

RÉSUMÉ

Le colonialisme français, avec son histoire brutale de transplantation, d’esclavage et de migration, a été fondé sur le déplacement ; l’expérience du sujet antillais est donc axiomatiquement celle du voyage, de l’exil et de la scission. Alors que les études postcoloniales se tournent de plus en plus vers les paradigmes transnationaux, encore trop peu de critiques portent leur attention sur les discours translocaux et interrelationnels produits par les écrivains caribéens et guyanais issus des premières vagues migratoires transatlantiques antillaises. Ainsi, la présente thèse vise à redresser ces lacunes en explorant la retranscription au niveau textuel de l’identité interstitielle, instable et voyageuse à partir d’œuvres écrites par des auteurs, nés avant la fin des années 1910 et ayant fait partie des premiers voyageurs caribéens ; des écrivains dont la vie fut rythmée par une mobilité transnationale et péripatétique : le Martiniquais Joseph Zobel, le Guadeloupéen Guy Tirolien et le Guyanais René Maran. Ce faisant, elle soutient l’argument selon lequel leurs mouvements voyageurs – entre les Antilles, la France et l’Afrique ; et le retour en Guadeloupe dans le cas de Tirolien – ont influencé la thématique, le style, le langage, voire l’apparition même, de leurs œuvres. À partir d’une méthodologie fondée sur une analyse de texte méticuleuse et un cadre théorique multidisciplinaire, incorporant théories de voyage et de la mobilité, et théories postcoloniales, nous étudions en quoi le voyage et le déplacement ont fourni aux auteurs un cadre de référence à partir duquel ils ont pu explorer les notions d’identité et de culture. Nous sommes partie de la mobilité en tant que réalité biographique, pour ensuite la considérer en tant que réalité intellectuelle, fait diégétique et trope littéraire ; une conceptualisation malléable du voyage ayant permis l’étude de sa manifestation paradigmatique dans un corpus multigénérique (romans, poésie, nouvelles, biographie) : Les Jours immobiles (1946) et Les Mains pleines d’oiseaux (1978) de Zobel, Balles d’or (1961) et Feuilles vivantes au matin (1977) de Tirolien ; et Livingstone et l’exploration de l’Afrique (1938) de Maran. L’expérience d’une mobilité multipolaire et de traversée de l’espace, tout comme les rencontres et les influences multiculturelles, a abouti, dans ces ouvrages, à une écriture instable, ambivalente et relationnelle. Mettant en jeu un réseau complexe (parfois frustré) de connexions culturelles et géographiques, ils avancent un discours (dé)localisé, transnational et (auto)référentiel, et permettent ainsi la représentation d’une identité interstitielle et voyageuse résistant à toute catégorisation unilatérale.
Date of AwardJul 2021
Original languageFrench
Awarding Institution
  • Queen's University Belfast
SponsorsArts & Humanities Research Council
SupervisorMaeve McCusker (Supervisor) & Margaret Topping (Supervisor)

Keywords

  • Postcolonial studies
  • Francophone
  • Carribean literature
  • Guyanese literature
  • Guy Tirolien
  • Joseph Zobel
  • René Maran
  • travel
  • displacement

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